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Nathalie Kosciusko-MorizetNathalie Kosciusko-Morizet. [aufeminin.com]

Ils sont amusants ces représentants du peuple. Ils ne savent même pas le prix d'un ticket de métro. C'est la mésaventure qui est arrivée à Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy pendant sa deuxième campagne présidentielle. Le 24 février 2012, un auditeur d'Europe nº 1 lui pose la question: Vous, le porte-parole du candidat du peuple, pouvez-vous dire quel est le prix d'un ticket de métro?" "Quatre euros et quelques", voilà sa réponse. A ce taux-là, le pouvoir d'achat des Hexagonaux serait encore bien plus bas qu'il ne l'est. Car le ticket de métro parisien est à 1 euro 70 l'unité, et même à 1 euro 27 si on l'achète par carnet de dix.

Quand elle a appris son erreur, Nathalie Kosciusko-Morizet (comment les électeurs font-ils pour se souvenir de son nom?), a fait son mea culpa: "Quand on est ministre, on prend peu le métro, c'est vrai, je le reconnais. Et quand on le prend, on a le métro gratuit, notamment quand on est ministre des transports. Donc mea culpa, mais ça fait bien longtemps que je n'ai pas acheté de ticket de métro."

Nathalie-Kosciusko-Morizet

Cela ne vous rappelle rien? Lors de la campagne présidentielle de 1974, Françoise Giroud avait déjà demandé à Valéry Giscard d'Estaing, sur les ondes de la radio, s'il connaissait le prix d'un ticket de métro. Il ne le connaissait pas et ne fut pas élu, même s'il est difficile d'y voir une relation de cause à effet. Le lendemain, la même avait demandé à François Mitterrand s'il connaissait le budget de la Sécurité sociale. Il l'ignorait tout autant. Mais là, Françoise Giroud était venu au secours du candidat. Elle avait écrit le chiffre en question sous ses yeux. On était à la radio et les auditeurs n'y avaient évidemment rien vu.

On peut même être Suisse et ministre de l'économie sans connaître le prix du lait. Fritz Honegger l'a prouvé lorsqu'il était conseiller fédéral, en avouant sobrement son ignorance: "Je ne suis pas tout à fait au courant", disait-il, en évaluant le prix du litre à un franc. On était en 1981. Fritz Honegger était en retard de quarante centimes. Marge d'erreur: 40%. Quand on est au pouvoir, il n'est pas besoin d'être dictateur ou de mépriser le peuple pour s'éloigner de la vie quotidienne.

Alors, quand on veut être candidat, mieux vaut réviser le b-a ba de la vie quotidienne avant de se lancer. Comme le faisait Tony Blair: "A l'approche du scrutin, les interviews s'accumulaient et je devais éplucher une liste des prix des produits de base, comme la brique de lait, le livre de beurre, le gigot d'agneau. Le pain était au cœur de débats interminables. Quel genre de pain? Blanc ou bis? Complet?"


 


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