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Segolene RoyalSégolène Royal. [media-presse.info]

Ségolène Royal n’a pas tardé à faire savoir qu’elle n’était pas n’importe quelle ministre de l’écologie. Trop élégante pour se farcir le vélo, comme Christiane Taubira, elle se déplace en voiture électrique. En revanche, elle n’est pas très sympathique avec son environnement immédiat.

Dame ministre a édicté un code de conduite pointilleux. C’est l’hebdomadaire Le Point qui l’a révélé sur son site internet. Quelques exemples? «Interdiction des décolletés» pour le personnel féminin. On n’est jamais trop prudente quand on a connu François Hollande. Pas question de laisser une collaboratrice jouer les apprenties Valérie Trierweiler ou Julie Gayet.

Mais il y a mieux. Au ministère, Ségolène est précédée d’un huissier qui annonce son entrée, comme on le faisait pour le roi ou la reine à la cour de Versailles. C’est très royal en effet, et tout en finesse, puisque cette règle a été édictée pour que le personnel puisse «se lever à son passage». Pas question non plus de fumer dans la cour ou le jardin du ministère si Elle est là.

Et quand Madame Royal prend ses repas dans le salon de son ministère, le personnel est prié de ne pas emprunter le couloir contigu afin d’éviter les «nuisances sonores». Voilà pour «l’ordre juste», comme disait Ségolène du temps où elle était candidate à la présidentielle. Parce que c’est vrai, après tout, la lutte contre le bruit fait partie de la protection de l’environnement.

La lutte contre les camions étrangers aussi. Le 15 avril 2014, la ministre de l’écologie s’est fâchée toute bleue-blanc-rouge contre ces routiers qui «font leur plein en Belgique, traversent la France (…) et refont le plein en Espagne.» C’est évidemment faux, mais peu importe, la «bravitude» n’exclut pas l’inexactitude. Il s’agissait surtout de faire croire que la France a du muscle face à Bruxelles à quelques encablures des élections européennes.

Le comportement de Ségolène montre en tout cas qu’elle a autant de difficultés que son ex-mari à rester normal, une fois franchies les portes du pouvoir. Et que les arrangements avec la réalité ne lui font pas plus peur qu'à François Hollande.

Elle a en effet démenti les informations publiées par Le Point. Sentant bien, après coup, le côté prudhommesque de son  protocole ministériel, elle a surtout contesté l'ukase frappant les décolletés. Dans un premier tweet, le 24 avril 2014, à 10h13: "Je démens bien sûr la rumeur ridicule concernant l'interdiction des décolletés." Que vient faire le "bien sûr" dans un texte où les mots sont pour le moins comptés, on se le demande. Mais passons. Le deuxième tweet, à 10h18, veut reprendre de la hauteur: "La seule instruction donnée concerne la plus grande rigueur dans l'utilisation des fonds publics, ce que les Français attendent de nous."

Malheureusement pour la ministre, elle n'a pas d'abord démenti auprès du Point lui-même, qui maintient l'intégralité de ses informations. A l'hebdomadaire, elle s'est contentée de faire savoir qu'il s'agit d'un "règlement intérieur sur proposition des services qui est destiné à l'interne et ne donne pas lieu à commentaires externes." La vérité admise du bout des lèvres auprès du journal se transforme en mensonge sur les réseaux sociaux.

Ce n'est pas la première fois que Ségolène Royal est prise en flagrant délit de prise de tête. En 2008, une élue socialiste balance dans L'Express: "Elle n'écoute pas, elle court-circuite tout le monde." La vice-présidente écologiste de la région du Poitou, Marie Legrand, qui connaît bien l

es méthodes de Ségolène, ajoute: "On aimerait que la démocratie participative chère à la présidente s'applique au sein du conseil." La même année, une vidéo de France 3 montre Ségolène Royal et son attitude plus qu'autoritaire fortement contestées au sein de l'exécutif de son conseil régional. Depuis...

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▶︎ Pour le fun, Ségolène Royal en 2008, quand les décolletés n'étaient pas encore interdits...

 


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