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Baisse de la publicité qui lui revient et de la lecture dans une population vieillissante ne sont pas les seules causes de la crise de la presse écrite. Ceux qui s’en occupent aujourd’hui reprennent généralement en chœur le même refrain: les médias écrits ont encore de l’avenir à condition de se concentrer sur le local (autrement dit le micro-local à l’échelle de la planète) ou d’apporter une réelle valeur ajoutée au flot d’informations diffusées par la radio, la télévision et internet. Mais la réalisation de ce bel objectif laisse beaucoup à désirer. Les mésaventures du Temps n’en sont qu’une regrettable illustration.

En Suisse romande, le phénomène est patent. On peine à trouver dans un quotidien, dans un hebdomadaire, un article qui vous apporte vraiment quelque chose de plus ou de mieux que les autres médias. D’autres phénomènes sont à l’œuvre:

  • le politiquement correct qui leur fait adopter en permanence les mêmes positions, en particulier sur les votations, tout en clamant leur neutralité politique;
  • la complaisance à l’égard des exécutifs en place dans les grandes villes, les cantons et la Confédération.

En avril 2014, François Gross, ancien rédacteur en chef du quotidien fribourgeois La Liberté, reçoit à Berne le Lifetime Achievement Award décerné par la Fondation Reinhardt von Graffenried pour l’ensemble de sa carrière. Interview:

La Liberté: Les journaux ont-ils encore un rôle démocratique?

François Gross: Les médias se montrent timides pour enquêter sur les accidents de la démocratie. Il y a eu récemment des scandales au Secrétariat d’Etat à l’économie et dans le domaine informatique de la Confédération. Il y a eu les révélations sur les cachotteries de M. Schneider-Ammann sur ses placements à l’étranger. Au sein du Conseil fédéral, on a assisté à des disputes sur la neutralité du pays et le rôle qu’il devrait jouer dans le dossier ukrainien. On devrait s’arrêter plus longuement sur ces épisodes. Or ça file, ça défile… On préfère nous faire des salades sur la santé d’Yvan Perrin.

La Liberté: La presse romande devient-elle trop futile?

F. G : C’est une tentation et, ces temps, elle y cède beaucoup.» (La Liberté, 26 avril 2014).


 


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