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nicolas sarkozyNicolas Sarkozy.[Stéphane Carpentier]

On connaît les énervements et les excès verbaux de Nicolas Sarkozy, de son "casse-toi, pauvr' con", lancé à un citoyen ordinaire, aux "crocs de boucher" promis à son rival Dominique de Villepin. Franz-Olivier Giesbert en raconte des tonnes dans son "M. le président", témoignage sur la vie politique des années 2005-2011 en France. Un jour, il entend le président lui dire au téléphone, à propos d'un journaliste du Point qui vient de commettre un article sur Carla Sarkozy, jugé déplaisant en haut lieu: "Le jour où je ne serai plus en fonction, une des premières choses que je ferai, ce sera d'aller lui casser la gueule." Suivent 40 minutes d'engueulade présidentielle. A une autre occasion, Nicolas Sarkozy menace Franz-Olivier Giesbert de l'écraser sur la moquette: "Tu vois, mon petit Franz, quand on aura gagné, c'est ce qu'on fera avec toi."

Nicolas Sarkozy

Avec Sarkozy, tout le monde y passe, et pas seulement les journalistes. Ses conseillers, ses ministres sont des nuls, des charlots, des zombies, des connards ou des connasses, des "valises sans poignée" selon l'une de ses expressions préférées. "Je n'ai pas le choix, dit-il souvent, il faut que je fasse tout moi-même."

Cette forme de récrimination contre le monde entier n'est d'ailleurs pas une spécialité sarkozienne. Chez d'autres, elle prend simplement des allures de colère froide. Mitterrand, lui aussi, avait l'habitude de se plaindre de ses collaborateurs, de son secrétariat, des ministres, tous ou presque des "incapables", des "imbéciles". Selon son médecin, rares étaient ceux qu'il épargnait. Il ne se privait pas de critiquer sévérement ses conseillers devant des tiers, "horriblement gênés d'être présents."

Suivez donc le conseil que Churchill s'est permis de donner un jour à un parlementaire en colère contre lui. Avec son humour particulier, il lui avait recommandé d'essayer de ne pas produire plus de vapeur qu'il n'en contenait. Et si cette référence ne suffit pas, essayez Marc Aurèle. "Les conséquences de la colère sont beaucoup plus graves que ses causes", disait l'empereur philosophe.


 


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