Ne pas faire semblant - Image par Gerd Altmann de Pixabay
Image par Gerd Altmann de Pixabay

Ne jamais faire semblant

Déçus par leur éviction du pouvoir, à la suite d’un revers électoral ou de la perte d’une fonction en vue, les politiques sont nombreux à dire : « Merci, j’ai donné, je vais me concentrer sur autre chose ou je vais faire de la politique autrement. » C’est humain, parfaitement compréhensible, et on ne voit pas pourquoi ils ou elles n’auraient pas le droit de le dire et de le faire.

C’est, par exemple, ce que n’a pas manqué de dire Pierre Maudet après avoir perdu son pari de reconquérir le siège qu’il avait lui-même laissé vacant au Conseil d‘Etat genevois.

« Ce que je ne vais en tous les cas pas faire, déclare-t-il à 24 heures, c’est intervenir dans le champ politique ces prochains temps. En revanche, je proposerai d’ici à la fin de l’été une forme de participation à la vie politique un peu différente. Elle passera par les réseaux sociaux et visera à récolter des idées au-delà des partis. Donc, oui, je vais conserver une acticité politique originale, rassembleuse et stimulante. » (24 heures, 30 avril 2021).

Mais très souvent, la situation est plus difficile à tenir avec le temps et la tentation est forte de revenir sur le devant de la scène. Comme ces artistes qui annoncent leur dernière tournée de spectacles avant d’en entamer une autre quelques années plus tard.

Les exemples ne manquent pas en politique, même si la manière de prendre ses distances et d’annoncer son come-back prend à chaque fois une forme particulière.

Jean-Christophe Cambadélis, ancien président du parti socialiste français.

  • En 2017 : « Je serai un spectateur désengagé. » (Libération, 2 octobre 2017).
  • «En 2021, à un an de la campagne pour les élections présidentielles de 2022 : « Pour 2022, je ne me sens pas hors-jeu. »
    (Journal du Dimanche, 14 novembre 2021).

Xavier Bertand, ancien ministre UMP du Travail dans le gouvernement de François Fillon, un temps pressenti pour succéder à ce dernier, et président de la Région des Hauts-de-France depuis 2016. En 2018 : « Je suis engagé dans ma région et je ne veux pas que la politique politicienne vienne m’emmouscailler » (RTL, 17 janvier 2018). En 2021 : « Oui, je serai candidat » à l’élection présidentielle de 2022 (Le Point, 25 mars 2002).

ernement de François Fillon, un temps pressenti pour succéder à ce dernier, et président de la Région des Hauts-de-France depuis 2016.

  • En 2018 : « Je suis engagé dans ma région et je ne veux pas que la politique politicienne vienne m’emmouscailler » (RTL, 17 janvier 2018).
  • En 2021 : « Oui, je serai candidat » à l’élection présidentielle de 2022 (Le Point, 25 mars 2002).

Arnaud de Montebourg, ancien ministre socialiste de l’Economie, du Redressement productif et du Numérique dans le gouvernement de Manuel Valls.

  • En 2018 : « La politique ? Je suis passé à autre chose ? » (Journal du Dimanche, 25 février 2018).
  • En 2021 : Serez-vous candidat à la présidentielle de 2022 ? « C’est une question à laquelle je réfléchis très sérieusement. »
    (Ouest-France, 9 janvier 2012).

Najat Vallaud-Belkacem, ancienne ministre socialiste de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans les gouvernements de Manuel Valls et de Bernard Cazeneuve.

  • En 2018 : « Je n’ai jamais voulu d’une vie réduite à la politique. Je sais qu’il y a d’autres façons de se rendre utile. » (L’Obs, 4 janvier 2018).
  • En 2021, candidate à la présidence de la Région Auvergne-Rhône-Alpes : « Je ne pouvais pas me planquer. » (Libération, 21 mars 2021).

Laurent Wauquiez, ancien ministre UMP de l’Education nationale et de la Recherche du gouvernement François Fillon, ancien président des Républicains, et président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes depuis 2016.

  • En 2019 : « J’ai décidé de prendre du recul. » (TF1, 2 juin 2019).
  • En 2021 : « Aucune porte n’est fermée. » (L’Opinion, 18 mars 2021)<7i>.

(Source de plusieurs éléments : Le Point, 25 mars 2021).