16.07.2021

Le 14 juillet 2021, le Sénat américain a approuvé à l’unanimité un texte de loi interdisant les importations de produits fabriqués au Xinjiang. « Les Ouïghours et d’autres minorités musulmanes au Xinjiang sont victimes de travail forcé, torturés, emprisonnés, stérilisés de force et forcés d’abandonner leurs pratiques religieuses et culturelles par le gouvernement chinois », a déclaré le sénateur démocrate Jeff Merkley, co-auteur du texte (ATS, 15 juillet 2021).

Le problème, c’est que l’oppression pratiquée par Pékin au Xinjiang ne date pas d’aujourd’hui. Elle dure depuis plus d’une décennie. On se souvient qu’en juillet 2009, Bernard Kouchner, alors ministre français des affaires étrangères, avait déjà protesté contre la répression par les Chinois du mouvement autonomiste ouïghour, qu’il avait d’ailleurs malencontreusement appelé "yogourt" (France-Info, 9 juillet 2009).

Autrement dit, rien n’a changé depuis pour les Ouïghours et le monde entier continue de commercer tous azimuts avec Pékin qui en est déjà à son deuxième génocide. Sans parler de la violation quotidienne des droits fondamentaux de la population chinoise elle-même, et pas seulement à Hong Kong.

Qui s’en souvient ? Le 21 octobre 1959, l’Assemblée générale des Nations Unies vote une résolution qui demande que les « droits fondamentaux de l’homme et le particularisme culturel et religieux du peuple tibétain soient respectés. » De son côté, la Commission internationale des Juristes, dont les deux rapports sur la question ont été publiés à Genève en 1959 et en 1960, estima que les Chinois étaient coupables d’un génocide au Tibet.

Dans ses mémoires sur l’annexion du Tibet par Pékin, le Dalai Lama écrit « Des dizaines de milliers de nos compatriotes ont été tués, non seulement au cours d’opérations militaires, mais abattus de sang-froid, un par un. Ceux-ci ont été exécutés sans jugement, suspectés d’opposition au régime communiste ou de spéculation ; à cause de leur situation sociale, ou encore… sans raison aucune. Mais avant tout, et fondamentalement, ils sont morts pour n’avoir pas voulu abdiquer leur foi.

« Ils n’ont pas été seulement fusillés, mais battus à mort, crucifiés, brûlés vifs, noyés, mutilés, affamés, étranglés, pendus, ébouillantés, enterrés vivants, écartelés ou décapités. Tous ces meurtres furent accomplis en public ; les compagnons des martyrs, leurs amis, leurs voisins ont été contraints d’y assister. (…) Des hommes et des femmes ont été lentement assassinés sous les yeux de leur propre famille. On a forcé de jeunes enfants à abattre leurs propres parents.
(…)
« Outre ces meurtres publics, de nombreux Tibétains furent emprisonnés ou encore rassemblés et emmenés vers des destinations inconnues. Nombre d’entre eux ont succombé à la brutalité, aux travaux forcés ou aux privations. Beaucoup se sont suicidés de désespoir et de dénuement. Des hommes qui avaient pris le maquis et rejoint la guérilla ont eu leur femme et leurs enfants restés au village abattus à la mitrailleuse.

« Plusieurs milliers d’enfants, des nourrissons jusqu’aux adolescents de 15 ans, ont été arrachés à leurs parents sans qu’on les revoie jamais. Ceux des parents qui protestèrent furent emprisonnés ou fusillés… » (Dalai Lama, Mon pays et mon peuple, Mémoires, Paris, Editions John Didier, 1963).

Mis à part les chambres à gaz, il ne manque rien à l’arsenal des atrocités nazies. Aujourd’hui, pourtant, de nombreux dirigeants hésitent ou renoncent à rencontrer le Dalai Lama pour ne pas froisser Pékin. Même en Suisse. Lors de la visite de deux jours que le Dalai Lama a effectuée à Berne en octobre 2016, il n’y a eu aucune réception officielle « afin d’éviter des tensions diplomatiques avec la Chine. » (Swissinfo, 12 octobre 2016).

L’Occident est formidable !

Blog d'actualité